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Editor’s Letter #15 – Paradis Estival

Editor’s Letter #15 – Paradis Estival

Dans un petit village provençal, une place baignée de soleil, dont les pavés blanchissent sous la forte luminosité. Au centre, une fontaine où l’eau s’écoule en une apaisante mélodie. Quelques platanes apportent une ombre bienfaisante aux terrasses avoisinantes. Les cigales chantent. C’est l’été.

Ne me demandez pas d’où me vient cette idyllique image, je n’en ai pas souvenir. Certainement d’un film (ou téléfilm) dont je n’arrive plus à me remémorer le titre. Cette vision me hante depuis des années, représentation sublimée de ce que je considère être le paradis estival.

Cela n’a guère trait avec mon enfance. Elevée en plein centre-ville, la plage à quelques pas (certes), tout à portée de main, au son des klaxons, des voitures qui roulent trop vite, de la sonnerie du collège proche et des palabres de voisins parlant bien trop fort. Cela n’a guère trait avec ma vie d’adulte. Bien que vivant à présent dans un petit village, il n’a que peu de points communs avec cette vision fantasmée. La plage s’est à présent éloignée bien que la mer soit omniprésente lorsque je regarde par mes fenêtres.

L’été, ses langueurs, ses plaisirs. La Dolce Vita que l’on redécouvre perpétuellement avec la même joie.

Le temps se fige toujours un peu lorsque survient la belle saison. Celle des vacances pour la majorité d’entre nous, celle de la coupure, du bol d’air (chaud), des baignades, des apéros qui trainent et des soirées à refaire le monde. Celle des Petits Chevaux de Tarquina, du Spritz, des robes légères et des paniers en paille, du monoï, des pan bagnats et des salades improvisées.

Je me souviens de mes étés enfant, assise sur le plancher de ma chambre devenu collant, les yeux rivés sur l’écran à admirer plages sablonneuses et eaux turquoises, rêvant de l’été, de cet été-là tout en reniant le mien. Je me souviens des sagas familiales qui conservent aujourd’hui encore leur charme.

Je me souviens de ces levers très matinaux, descendant rapidement à la plage, m’installant sur les galets, face à la Méditerranée pour prendre mon petit-déjeuner, avant d’y plonger des heures durant.

Je me souviens de ces instants, allongée sur mon lit, les yeux fermés, appréciant avec joie la brise fraiche qui soufflait sur mes jambes. L’instant magique où le vent devient caresse et tempère le corps agréablement.

Je me souviens de ces étés italiens, de la Toscane, de ces moments au café, du goût des Bitter San Pelegrino bus par mes parents que je trouvais bien trop amers et que je savoure à présent. Je me souviens de la panzanella, des pan di stelle, des croissants al albicocca, des panini en guise de second petit-déjeuner, et de tout ce qui s’y fait de savoureux. Je me souviens  de ces temps morts dans leur chambre à entendre s’agiter la vie au-dehors dans une langue étrangère et pourtant familière, des longues heures de route à l’aller comme au retour, rituel année après année du à mes origines.

Je me souviens m’être demandé en regardant les heures se prolonger tardivement, quels seraient mes étés une fois adulte.
Je me pose toujours la question.

Ils sont un mélange de tout cela et de rien du tout à la fois.

L’été demeure une jolie vision, celle de ce petit village provençal à la place baignée de soleil que je recherche encore et trouverai peut-être.

Profitez de ces longues journées et à très vite pour un nouvel article.

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