Editor’s Letter #10 – Dix-huit jours presque dix-neuf

Revenir.

Revenir, ici, sur ce blog, après une pause et le chamboulement de toute une vie. Rien d’évident, au contraire. Trouver les mots est on ne peut plus difficile.

Essayons.

Dix-huit jours. Dix-neuf ce soir à 22h26 très exactement.
Je suis maman.

Une toute jeune maman, une maman toute fraiche, une maman toute neuve, une maman pas encore habituée à entendre et dire qu’elle est maman.

Ce mot, je le pose, je le note, je le prononce depuis dix-huit presque dix-neuf jours de façon très étrange. Ce statut est encore trop récent, trop nouveau pour que je puisse me l’approprier pleinement. Il faut du temps. On a beau se préparer, y songer, se figurer (la fin, le début) la suite de cette histoire qui dure neuf mois, tout va trop vite, tout se passe bien trop vite pour imaginer la claque monumentale que nous mettra la vie à l’instant T. Il faut le vivre pour le comprendre (du moins tenter). Aucun mot, aucun, ne peut rivaliser avec le flot d’émotions, de sensations qui nous submergent, nous traversent et nous transpercent.

La fin de la fusion, le premier cri, le premier souffle. Le début d’une vie.
De trois vies mêmes.

S’enchainent les heures à une vitesse vertigineuse. Tout va vite, si vite et pourtant le temps parait se figer par moment. Ce sont des instants précieux et compliqués. Ce sont les « Profite ! » qu’on n’arrive pas à intégrer. Comment profiter quand le corps doit récupérer, quand l’esprit doute (de sa propre capacité), quand tout s’emmêle dans des sentiments complexes et contradictoires ? Il faut du temps. Encore et toujours.

Et puis, progressivement, le corps reprend le dessus, l’esprit commence à s’éclaircir. Les mots butent toujours contre les lèvres, ils ont du mal à sortir, à s’associer entre eux, à se poser sur soi, mais il y a du mieux.

Et puis il y a ce moment, ce regard qui change, cet amour fou, cette « révélation » qui arrive, enfin, une fois que la fatigue et le « choc » (disons-le) s’estompent quelque peu. C’est un début, le début des premiers mots qui enfin s’associent. Je suis maman.

La fulgurance de l’instant T, les « Mon fils » de ces secondes, sont inégalables. Dit et vécus dans une parenthèse hors du temps.  Le lien qui se tisse, la transition qui s’effectue n’en est pas moins belle, elle est même plus posée, plus profonde, plus réelle.

Dix-huit jours, presque dix-neuf.
Décembre, je serais brève. Je reprends ces lignes depuis des jours et je pense que je pourrais les réécrire encore et encore sans tomber sur le juste récit. Les mots s’entrechoquent encore. Il faut du temps. Il faut reprendre le fil et tisser une nouvelle toile, une nouvelle histoire. La sienne, la mienne, la notre.

Excellente semaine, on se retrouve très prochainement par ici.
Et merci, merci, merci pour vos félicitations et mots ici et là !

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3 Commentaires

  1. Sophie KUNE-RZEPKA
    12 décembre 2016 / 16 h 27 min

    Tes mots sont si justes… Jolie vie à tous les trois et pleins de bisous aussi tant qu’à faire <3

  2. Billy ;)
    12 décembre 2016 / 19 h 05 min

    Un bisous par ici ou je te lis évidemment même si je commente rarement. De jolis mots pour une bien jolie maman. Des bisous ma jessounette.

  3. Céline
    13 décembre 2016 / 11 h 07 min

    Toutes mes félicitations à vous !
    Encore un joli texte, merci de nous dévoiler ainsi tes sentiments, ta vision.

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