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Editor’s Letter #21 – Explications et ...

Editor’s Letter #21 – Explications et continuité.

Par quel bout prendre cet article ? Au moment où je commence à le taper, je ne connais pas encore son déroulé ni sa finalité. Pour tout vous dire, je ne le relirai même pas (soyez donc clémentes s’il y a des fautes d’inattention). Mais il faut bien commencer quelque part, alors commençons.

Décembre est toujours propice au(x) bilan(s), d’effectuer un point sur les 12 (longs) mois qui viennent de s’écouler. Quitter 2017 dans quelques jours pour redémarrer un nouveau cycle n’est ni un bonheur ni un regret, je flotte dans un entre deux assez désagréable où je n’ai justement pas suffisamment pris du recul pour me dire qu’il est bon (ou non) de passer à autre chose.

Cette année 2017 a été chargée. Très, trop même. Un nourrisson devenu bébé et petit garçon à gérer quotidiennement, un mariage à organiser, un travail qui ne m’a guère laisser souffler, m’amenant joies et déceptions (beaucoup d’ailleurs), un blog à faire tourner régulièrement, un compte Instagram à alimenter tout aussi fréquemment. Sur ces deux points, disons-le clairement, je n’ai pas été à la hauteur.

Par manque de temps mais le temps a bon dos, on l’accuse de tout car il est bien plus simple d’éviter les véritables raisons qui poussent au silence et à l’absence. La seule raison qui se doit d’être nommée, c’est le manque de motivation.

En 2017, je le concède, j’ai perdu l’envie de venir par ici. Ou plutôt, je l’ai vécu comme une contrainte plus que comme un plaisir. Ce qui a été publié l’a toujours été consciemment et avec joie, cependant, je n’ai pas ressenti une motivation suffisante pour y revenir 3 fois par semaine puis 2 ou même 1. Je ne sortirai pas non plus la phrase bateau “un enfant ça occupe” bien qu’elle soit extrêmement vraie. Oui, une autre organisation et gestion du temps est clairement nécessaire pour mener à bien tous les projets, mais pas impossible non plus.

Non, la seule chose à blâmer, c’est réellement une perte de motivation due à une perte de sens.

J’ai toujours été très honnête avec vous, je ne me suis jamais cachée ou plainte “pour me plaindre”, que ce soit par ici ou sur les réseaux sociaux. Il serait même “déconseillé” de poster cet article pour ne pas “rebuter” d’éventuels partenariats à venir.

La perte de sens ou, pour dire les choses autrement, le sentiment de ne plus savoir comment me positionner dans cet univers qui fut le mien durant 8 années. C’est une course effrénée et effarante au “moi mieux que toi”, “moi je voyage plus”, “toujours plus beau”, “toujours plus loin”, “ma vie est tellement mieux que la tienne”, un mode de vie notamment promu par les réseaux sociaux. Un concept tel qu’il est devenu “une norme”, une “obligation” pour “survivre” dans la jungle qu’est devenu “l’influence mode”. Je mets volontairement beaucoup de guillemets à ces termes qui me rebutent.

Y’a-t-il encore une place pour les blogs “normaux” où il n’est guère question de voyage presse à l’autre bout du globe, où les tenues sont shootées dans un “pauvre village”, sans photographe professionnel, sans équipe, sans shopping presse ? Est-ce obligé de prendre part à cette escalade pour “exister” ?

Quand les blogs sont moins lus, que seules les images sont frénétiquement compulsées, est-il encore possible de proposer un contenu aléatoire, écrit et pertinent (plus que “Oh la la c’est CA-NON ! Achetez-le les filles !”) ? Cette question, je (nous avec Sandrine qui travaille avec moi sur About a Girl), me la suis posée plus d’une fois cette année. Quand je (nous) me suis vue refuser de jolis projets sous l’excuse que “tu ne vends pas la vie de rêve à 100k que la marque attend”, “tu n’es pas la copine qui partage toute sa vie privée / intime du lever au coucher en chantant et remuant des fesses sur Snapchat”, il y a de quoi réfléchir. Evidemment, ces mots ne m’ont pas été servis tels quels mais si la forme divergeait, le fond était clair.

Etre fidèle à ses principes, ses valeurs, sa manière de vivre, ne pas souhaiter montrer le visage de mon fils, est apparu comme un tord. Je n’ai jamais souhaité vivre de mon blog, j’ai toujours préféré le considéré comme un “plus”, une manière de présenter qui je suis, ce que je fais / peux faire, fort heureusement car cette année aurait été la voie ouverte à un burn out professionnel.

Aujourd’hui, à l’aube de 2018, je suis partagée par l’envie de poursuivre ce projet qu’est About a Girl, entamé il y a presque 9 ans, et totalement dépassée par cette “évolution” qui me pousserait à claquer la porte de l’Internet une fois pour toute. Quant à Instagram… ces dernières semaines, je n’ai quasiment rien posté. Là encore, la surenchère portant à croire que la vie d’autrui est toujours plus verte que la sienne, que les compétences d’autrui sont toujours plus fantastiques, sans compter que l’algorithme est, clairement, un facteur pénalisant pour la visibilité des posts.

Cette profusion de “bons sentiments”, de “vies meilleures / fantastiques”, de “photos incroyables”, nuit clairement à ma créativité (oui, parce que j’en avais une au départ), et à transformer le plaisir de partager (là encore) en “devoir” pour “ne pas être perdue dans la masse”. Quel dommage.

Je ne sais pas comment vous percevez les choses en tant que “simples” lectrices (ou blogueuses si vous l’êtes également), mais je comprends largement l’agacement, les critiques et la lassitude générales qui peut émerger d’une “simple” consultation d’Instagram. Quand on est de l’autre côté, l’ensemble est par moment pesant, alors en ne connaissant pas la partie “cachée”, je n’ose imaginer les pensées qui peuvent parfois traverser l’esprit de celles qui sont “juste” abonnées.

Qui aura eu le courage de lire l’ensemble de ce pavé, je n’en sais rien. Les commentaires, ici et ailleurs, se raréfient également et il devient étrange de “parler seule”. Pourtant écrire est, a toujours été, et demeurera pour moi, le meilleur moyen de communiquer avec vous et de faire le point. Faire “le mariole” en vidéo ne m’a jamais attiré, ne fait pas parti de ma personnalité. Si j’aime échanger et partager ici, sur Instagram, je n’ai cependant jamais voulu vous vendre une image qui ne me correspond nullement. C’est cela qui me fait “du tord” aujourd’hui et qui fait que About a Girl n’est pas “rentable”.

Quelle route prendre pour la suite ? Le chemin est encore embrumé, 2017 aura été un tournant, quoi qu’il advienne sur contenu / futur de ce support. Aujourd’hui, il ne m’intéresse que de me recentrer sur les choses simples, celles qui me correspondent et me composent, écrire sur des sujets qui ne s’inscrivent pas dans le moule “blog mode”, poster des photos qui ne sont pas “blogueuse mode” (Martine pose au pied du métro, Martine pose près de la Tour Eiffel, Martine à un nouveau sac, Martine porte la casquette), qui ne sont pas “Trop de love mes chatons” sur mon compte Instagram.

Il y aura eu 7 années de pur blog mode, 1 année de rodage, 2018 sera peut être la clef d’un nouveau “About a Girl“… sous réserve que je trouve la serrure correspondante.

Passez d’excellentes fêtes de Noël, un récapitulatif des (rares) looks de 2017 sera en ligne avant la fin décembre.
A très vite,


Créatrice du blog mode tendance et beauté "About-a-Girl.com". Journaliste et community manager freelance.

  1. Lilouuuu

    20 décembre

    J’ai pour ma part l’impression que les gens sont de moins en moins actif sur les réseaux et sur les blogs, cela est peut être, même sans doute le cas pour Instagram à cause de l’algorithme, en bref, si tu n’était pas connu avant l’algorithme, bah tu te fais oublié, ce qui est je trouve injuste ! Au niveau des blogs, je ne sais pas, je sens une baisse considérable en ce moment, je trouve ça dommage car un blog c’est beaucoup plus intimes qu’Instagram, un lieu ou on peut échanger tranquillement avec ses lectrices et ou on peut dévoiler nos pensées sans se faire insulter tout les 3 commentaires.
    Gros bisous
    http://lilouuuu.com

  2. Pasninieworld

    20 décembre

    Bonsoir je ne suis pas votre blog mais Amelie de @sogirlyblog a retweeter votre article avec je suis encore tout a fait d accord et aimant bcp le franc parlé la simplicité de so girly blog j ai voulu en savoir plus et lire TOUT le pavé et je dois dire que vous les blogeuse etes de plus en plus nombreuses à vous remettre en question par rpport au “nouvelles” tendances des blogueuses qui vendent et pronnnent tout et n importe quoi …Je vois surtout la tendance de la remise en question sur des blog qui atteigne la 10aine à peu près année etsi au contraire au lieu de passé pour les out vous étiez en fait des inn car bcp de personnes ont envie et aime la franchise et la simplicitée on veut des conseilles et pas de la surconsommation j espere que vs n arreterez pas car vous etes toutes la tendances de demain une lueur d espoir dans le marchandising” des blog de minettes” quand à moi en tant que lectrice j esssaieri de ne pas simplement lire et mettre un j aime mais prendre le tps de laisser un com ne serais ce par respect pour le travail effectué. Passez de bonne fêtes

  3. Marion100489

    21 décembre

    Bravo pour ta franchise.
    Prends du temps pour toi, ce que tu aimes et ne te prends pas la tête pour tout ça
    Passes de bonnes fêtes

  4. Sophie

    28 décembre

    Coucou, j’ai lu ton article entièrement et je suis tout à fait d’accord… C’est la première fois que je laisse un commentaire sur ton blog mais ton article me parle tellement… Perso, je suis fascinée par Instagram et j’ai beaucoup de peine pour toutes ces filles sans style et sans personnalité qui étalent à longueur d’année leur vêtements, sacs, chaussures… Toujours la même chose, il suffit qu’une personne achete un article pour qu’on le retrouve partout sur insta… Je trouve même ça dégradant pour les marques de luxe puisque de nos jours, des milliers de filles sont prêtes à manger des pâtes toute l’année pour se payer une paire de chaussures ou un sac de luxe ce qui fait perdre je trouve de son prestige à la marque. Bref, une belle brochette de filles malheureuses je pense et complexees qui ont besoin de posséder pour se sentir exister. Je trouve ça tellement pathétique de se sentir malheureuse de ne pas avoir le dernier sac en vogue qui vaut 2 smic alors que des millions de personnes meurent de faim dans le monde… D’après moi tu dois passer au dessus de tout ça et continuer à poster pour les abonnés qui t’aiment pour ce que tu es, peu importe qu’ils soient moins nombreux car ne dit on pas que la qualité prime sur la quantité? Desolee pour le pavé, j’aurais encore tellement à dire mais je vais m’arrêter là. Bisou

  5. Muriel

    3 janvier

    Bonjour,

    Je te lis assidûment avec intérêt sans nécessairement commenter. Je comprends très bien ce que tu ressens face à la professionnalisation des blogueurs et instagrammeurs. Selon moi, c’est une tendance qui finira par s’essoufler car la plupart des lecteurs vont se lasser de l’encouragement à la surconsommation. Je ne vais pas épiloguer sur le caractère amoral du métier “d’influenceur”, le terme parle de lui même.

    Maintenant, nous sommes nombreux à aimer le partage non intéressé de looks, de découvertes culturelles, de bons plans, etc… Beaucoup recherchent l’inspiration et non l’imitation. Donc, j’espère que tu continueras à publier même en dilettante mais avec plaisir.

    Bonne année 2018.

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