Editor’s Letter #5 – Sur la plage abandonnée

Editor’s Letter #5 – Sur la plage abandonnée

Juin, tu commences mal, très mal. Désolée de te le dire, mais tu as complètement foiré ton entrée 2016. On me souffle que tu as du retard. Puis-je te poser une question ? Onze mois de congés, ce n’était pas suffisant ? Est-ce trop te demander qu’une arrivée en fanfare ?

Pourtant tu es aimé juin tu sais. Personnellement tu me plais, beaucoup, énormément, à la folie. Si tu étais plus incarné je tenterai certainement de te séduire. Je te dirais que tu as de beaux yeux -azur évidemment-, que ton sourire réchauffe et que l’optimiste que tu portes me fait chavirer. Autrement dit, juin tu es le « date » parfait.

C’est un peu normal tu me diras -et je suis sûre que ça te monte à la tête-. Tu connais ta valeur, tu connais tes points forts et tu en uses et abuses pour faire s’emballer nos coeurs, rendre notre quotidien plus agréable et entrainer notre esprit dans des contrées lointaines. Juin tu es le mois préliminaire, celui qu’on côtoie le regard perdu vers l’horizon et si notre tête rêve aux vacances, tu permets à nos tenues de prendre de l’avance sur ces dernières.

Juin, quand on parle de toi, on pense à cet été que tu amènes dans ton sillage, à ce 21 juin magique et sublime, jour le plus long, jour sans fin, jour de fête, de musique, où tout semble possible et permis. On s’imagine déjà les pieds dans le sable, une glace à la main, un chapeau de paille sur la tête, bronzant, flânant, profitant. Le temps s’écoule plus lentement, les soucis paraissent bien moins importants.

C’est la légèreté qui prime, des airs de Dolce Vita qui flottent dans la brise. On ressort les sandales, les petites robes, les paniers en osier. On prend la vie à bras le corps et on embrasse toutes ses possibilités.

Cher juin, que nous fais-tu cette année ? Où te caches-tu ?

Il serait déplacé de me plaindre réellement, nous sommes, une fois de plus, « bénis » de vivre dans ce petit paradis, épargné -la plupart du temps- par les intempéries que tu transportes dans tes valises. Il me manque cependant ces quelques prémices lorsque je me promène en bord de mer : le parfum du monoï qui s’échappe de la plage, la transparence de l’eau et sa douceur, la vie qui ronronne, les glaciers assaillis.

Juin, j’aimerai ranger mes vestes et pulls -même légers-, retrouver cette langueur que tu promettais, ralentir le rythme (on en reparlera début juillet) et laisser mes pensées flotter vers ces prochaines semaines. Tu es notre petit mois, celui où la côte d’azur nous appartient à nous les azuréens dans sa splendeur plénière sans encombre, sans monde. Ce tête à tête que tu nous offres avec notre chez-nous dans les conditions les plus parfaites qu’il soit, il serait grand temps que tu nous l’octroie une fois de plus.

Appelle novembre, qu’il vienne récupérer ses trombes d’eau déversées dans le Nord, qu’il embarque avec lui ce fond froid qui persiste et que disparaissent couches épaisses et inondations. La déprime hivernale a assez duré. Nous avons tout le temps de le voir revenir, qu’il nous laisse profiter de tes saveurs.

Cher juin, permets-moi de te donner quelques conseils si tu souhaites toujours être aimé. Colore les marchés d’abricots, pêches et autres fruits d’été, fait ressurgir des températures bienfaisantes et multiplie les rayons de lumière. Tu te rendras service et tu nous apporteras cette parenthèse enchantée dont nous avons bien besoin en cette période mouvementée.

Juin tu es prévenu, tu sais ce qu’on attend de toi, je te laisse t’exécuter.
Mes petites robes, sandales et moi-même guettons tes prochains mouvements, ne nous déçoit pas.

Passez une très belle fin de semaine et à lundi pour une nouvelle tenue !

(Toutes mes pensées et beaucoup de courage évidemment à vous si vous subissez actuellement les caprices du ciel, inondations et autres joyeusetés…).

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