Les étés d’avant…

A quoi ressemblaient nos étés lorsque nous étions enfants puis adolescentes ?

Avant que ne pullulent les smartphones, que le wifi nous assure une permanente connexion, que les réseaux sociaux nous dictent notre existence ? Avant cette dépendance que nous entretenons avec tout ce qui est sensé nous lier au monde alors qu’il nous en coupe indubitablement ?

Pour celles qui sont trop jeunes, laissez-moi vous conter ces étés.

Ces étés avaient une saveur toute particulière, flirtant avec l’ennui, oscillant entre détente et rêvasserie. Ces étés où, le dernier jour d’école, signifiait qu’on ne verrait certainement que peu (ou pas) ses amies durant ces deux longs mois, chacune partant vers diverses horizons. Seules les cartes postales et quelques rares coups de fils -souvent manqués, sauf si planifiés- nous permettaient de garder contact jusqu’au jour de la rentrée. Jour où, évidemment, nous aurions tellement d’histoires à nous raconter, que nous en perdrions le fil.

Les téléphones portables n’existaient pas. Internet n’existait pas. Les réseaux sociaux étaient ces liens que nous entretenions avec nos voisins, nos amis, nos proches. Les photos étaient soigneusement pensées, jetable ou pellicule aidant. Les souvenirs ne se dévoilaient qu’après un passage chez le photographe et c’était avec impatience et joie que nous regardions les clichés.

Ces étés avaient le goût de la Méditerranée, des journées passées sur la plage à lire et plonger, bercée par les CD emportés, rentrant les cheveux parfumés par le monoï et l’embrun, quelques coquillages à la main.

C’était également ces journées passées, les volets fermés pour conserver une relative fraîcheur, le ventilateur à pales tournant à pleine vitesse, brassant un air définitivement trop pesant. Ces glaces à l’eau sirotées le soir, à la fenêtre, observant les passants, ce ciel qui ne semblait jamais s’assombrir, rêvant à ces étés futurs, ces étés de grande. Ces repas pris à l’ombre dans le jardin, ces piques-niques sous le parasol, ces fruits gorgés de saveurs dévorés en guise de déjeuner, ces plats rapides mais néanmoins délicieux propres à la saison et à la région.

Ce sont les souvenirs de multiples romans dévorés, d’épisodes de divers feuilletons un peu gnangnan mais parfaitement adaptés, des sagas télévisées suivies avec attention, de jeux où les participants plongeaient dans des eaux turquoise.

Ces étés ne souffraient d’aucune comparaison. Les jours s’écoulaient lentement, librement, mais surtout pleinement. L’ennui paraissait parfois, sans être désagréable pour autant. La langueur régnait souvent, chaleur aidant. On comptait parfois les jours puis on tentait de les freiner. Ces étés étaient durs, étaient doux, étaient un peu tout. Ils étaient propices à la réflexion, une véritable coupure avec le quotidien, l’occasion de se retrouver, de faire un point, de se cerner.

Que sont nos étés à présent ?

Une suite de moments instagrammables ou sinon ils n’ont pas lieu d’être. Une comparaison permanente avec l’été d’autrui, filtré, qui, forcément, devient tout de suite bien plus intéressant. Les moments perdus ne le sont plus, l’ennui n’existe plus, seules demeurent la compulsion frénétique des réseaux sociaux de peur de manquer une photo, une info, un drame, un buzz. La coupure ne se fait plus, le monde nous suit partout. Les plages, les terrasses, les restaurants sont bien silencieux tandis que chacun s’isole et s’enferme fixant son écran.

Ces étés sont tout aussi rapides que les autres mois, la langueur n’a plus sa place. C’est “tout de suite, tout le temps”. La contemplation se fait uniquement sur Instagram, oubliant la tête pour découvrir les moindres détails d’un paysage ou, uniquement, pour trouver l’angle parfait qui sera le plus liker.

Ces étés ne se vivent plus, ils se montrent, s’exposent, se “vendent” comme de jolies images. Et les souvenirs s’effacent aussi vite qu’ils ont été crées, n’ayant pas le temps, l’occasion, de se graver durablement. Ces étés sont chargés, il “faut” profiter. Ces étés sont exténuants et sans bénéfices pour qui les vit ainsi.

Et si cet été était différent ? S’il ressemblait aux étés d’avant ?
Aux étés des années 90, aux étés de notre enfance ?

Et si cet été, nous nous manquions ? Nous oublions ces fausses obligations que nous nous créons ? Si le wifi se perdait (nous avons bien réussi à vivre sans être joignable en permanence) ? Si les boîtes mails laissaient de doux messages d’absence ? Si nous perdions nos accès aux réseaux sociaux et que nous vivions cet été pour nous uniquement ? Sans comparaison, sans souhaiter créer du désir, sans frustration.

En ce début de vacances (pour ma part), il est donc temps de vous laisser sur ces dernières lignes. Il est l’heure de vous souhaiter de vivre un merveilleux été, de vous créer ces jolis moments dont vous n’oublierez jamais la saveur. Prenez le temps, laissez-vous vivre, coupez tout. Tout sera bel et bien là en septembre et reviendra bien assez vite dans nos vies !

Cet été, je vous quitte pour que nous nous manquions.
Comme avant. Ceci est un “Au revoir, à la rentrée !” lancé depuis le portail d’une ancienne école. On se racontera tout dans 3 ou 4 semaines, promis.

Laissons le temps glisser, laissons l’été vivre. Se vivre.
Et surtout profitons.

A très vite sur About-a-Girl.com !


Journaliste. Créatrice de contenus. Fondatrice du blog "About-a-Girl.com" et de la marque de bijoux "23/NOVEMBRE".

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