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Parlons peu, parlons bien, parlons grossesse et santé

Parlons peu, parlons bien, parlons grossesse et santé

J’ai enfin levé le secret (qui ne l’était plus tellement avec les dernières tenues !) la semaine dernière par le biais de l’Editor’s Letter de septembre, certainement l’une des plus personnelles jamais rédigées (et probablement la seule du genre).

Si vous me le permettez, je vais rester -pour une fois- un peu dans ce registre intime et vous inviter à discuter d’un autre sujet, toujours en lien avec la grossesse, un peu plus sérieux qu’à l’accoutumé. Si le mercredi est d’ordinaire réservé aux articles beauté, disons que cette fois-ci, la balance penchera plus vers le bien-être / santé. Je reprendrai des thématiques plus triviales lors des prochains posts, c’est promis.

« Quand tu seras enceinte, tu verras, tu vas entendre de tout, des bonnes choses, comme des mauvaises… Souvent des mauvaises même ! ».

Existe-t-il une période dans une vie de femme où l’on est plus jugée que celle-ci ? Où les conseils / indications / injonctions sont les plus récurrentes ? (Oui, bon, la suite doit être pas mal non plus dans son genre… !).

Les intentions sont -au départ- souvent bonnes. L’idée n’est jamais de blâmer, plutôt de faire partager son expérience, son vécu (dans la plupart des cas), de vouloir aider, guider, conseiller au mieux pour que ces neufs mois soient vécus de la façon la plus agréable possible. Or les manières sont parfois maladroites et les conseils pas toujours d’actualité, ce qui est le cas lorsqu’ils proviennent de deux générations avant nous par exemple.

Aussi ne voyez pas ce post comme un énième article moralisateur, ce n’est nullement le but et l’envie. Je compte partager avec vous mon point de vue sur la grossesse, sur certains aspects de celle-ci, qui pourra peut-être vous aiguiller, vous renseigner, ou même vous donner quelques clés pour interagir avec des personnes de votre entourage elles-aussi enceintes.

Si vous me suivez régulièrement sur les réseaux sociaux, vous l’avez certainement deviné, de nature, je suis plutôt épicurienne. J’aime les bons repas, maison ou en extérieur, en duo ou entre amis, ces moments de convivialité, de partage et de joie. Adolescente, j’ai souvent été considérée comme étrange, bizarre car à l’inverse de mes petits camarades, je n’aimais pas boire à en perdre la raison. Si je ne me suis jamais saoulée, je n’ai jamais eu la gueule de bois, j’ai toujours apprécié une consommation raisonnable et raisonnée. Une bière fraîche un soir d’été, un verre de vin avec un bon plat, et, dans un autre genre, un bon gros baba au rhum. Rien de fou, rien d’exceptionnel. Je préfère apprécier peu que de consommer pour consommer jusqu’à atteindre l’ivresse voir plus (et finir malade, quel est l’intérêt vraiment ?). Ce sont donc de petits plaisirs que je m’octroie de temps à autre, je suis bien loin d’une consommation quotidienne, voir même hebdomadaire.

Or une chose a toujours été claire dans mon esprit : si je venais à être enceinte, je serais intraitable avec moi-même sur le sujet.

Dès que j’ai eu soupçon de ma grossesse, j’ai aussitôt arrêté d’ingérer la moindre goutte d’alcool. Et, évidemment, sa confirmation n’a fait qu’abonder en ce sens. Je peux être un peu plus laxiste sur certains domaines, notamment alimentaire puisque oui, je l’avoue, j’ai mangé un mini cube de saumon cru, en revanche, cet aspect-là n’était pas envisageable. Je savais que l’alcool était un facteur à risque, qu’une tolérance zéro était conseillée. J’ai suivi cette ligne de conduite à la lettre.

Depuis mon enfance, j’ai pu constater à plusieurs reprises que si cela était clair à mes yeux, ce n’était pas forcément encore très courant de s’abstenir totalement pour certaines personnes. Certaines habitudes ont la vie dure, certaines idées également.

Une personne très proche n’a jamais cessé sa consommation d’alcool durant sa grossesse tout en ayant conscience des conséquences possibles. Fort heureusement, les conséquences ont été minimes (un retard de croissance uniquement).

Autre exemple, durant ces derniers mois, j’ai eu de nombreuses anecdotes concernant « l’avant ». Avant, il était parfois conseillé aux femmes enceintes de boire un petit verre de vin au quotidien. Avant, il était aussi indiqué de parfois boire de la bière afin de favoriser l’allaitement. Ce sont des « techniques de grand-mères », des « remèdes » qui passaient d’une génération à l’autre, des « on-dit » qui ont bien pris racine. S’il est toujours fascinant de voir à quel point les indications valides a une époque ont évolué, dans la conscience collective certaines, pourtant à bannir, sont toujours bien vivaces.

Aussi, les grands-parents de mon ami m’ont toujours proposé un verre de vin à table sans que cela ne leur paraisse anormal. Mon refus n’a jamais été mal pris, mais pas toujours compris, la faute au « avant ».

Il m’a été difficile les premiers temps d’éviter les verres d’alcool. Non pas à cause de mon envie, mais simplement parce que l’alcool est vraiment très présent et inscrit dans la « norme » sociale. Que ce soit lors d’évènements où jus de fruits / eau ne semblaient pas faire partie du décor, soirées diverses ou repas familiaux, il n’était pas toujours simple de refuser sans avoir droit à quelques regards soit intrigués soit insistants.

Et quand les personnes insistent, il devient vraiment difficile de refuser sans paraitre impolie ni être gênée. Quand on veut encore garder l’information secrète (pour divers motifs), ces moments relèvent plus de la torture qu’autre chose.

Je souligne à ce passage que j’ai des amis vraiment formidables qui n’ont jamais insisté ni même posé la moindre question lourde (« T’es enceinte ou quoi HaHaHa ! ») et ont veillé sur moi au moment où j’ai annoncé la nouvelle d’une façon qui m’a beaucoup émue et touchée (et se sont montrés encore plus intraitables que moi face à ce qu’ils me proposaient à boire et à manger !).

Quand j’ai fini par dire que j’étais enceinte, outre les félicitations, en société, il est arrivé qu’on m’invite à célébrer cela avec une coupe de champagne, qu’on me propose un verre de vin ou qu’on insiste -encore- en me disant qu’un verre ou quelques gorgées ne feraient certainement rien à mon bébé.

Disons-le clairement, à ce jour, aucune étude n’indique quelle quantité d’alcool serait sans risque pour l’enfant. Boire de l’alcool est dangereux, c’est un fait prouvé en revanche. Outre le retard dont je vous faisais part plus haut, il y a aussi des risques de malformations, de fausse-couche, un bon développement des organes, qui sont loin d’être anecdotiques, du fait que l’alcool passe très facilement de notre sang à celui du fœtus. Tout est partagé durant neuf mois, en bon comme en mauvais alors autant limiter les mauvais aspects en étant attentive et en privilégiant une tolérance zéro.

Je ne vais pas vous faire un exposé sur le sujet, vous dire « Honte à vous ! » si vous avez bu durant votre grossesse. Disons qu’au vu des nombreuses interventions auxquelles j’ai eu droit durant ces derniers mois, non content d’être étonnée par la récurrence à laquelle les propositions sont revenues, il me semblait aussi intéressant de vous partager ma réaction, de connaitre la vôtre et la manière d’aborder cet aspect avec votre entourage.

L’insistance est certainement le « pire ». Pour de multiples raisons, une grossesse peut être cachée, et certaines remarques peuvent réellement être très embarrassantes pour l’interlocuteur. C’est un peu dans le même genre que « Tu as 30 ans, tu es en couple, c’est pour quand le bébé ? » (que j’ai dû entendre 30.000 fois avant ma grossesse…) qui arrive dans le top 5 des phrases pénibles à entendre.

Si vous souhaitez plus de renseignements sur le sujet, qu’il vous concerne, concerne une amie, une personne de votre famille, je vous invite à vous rendre sur le site alcool-info-service.fr ou appeler au 0.980.980.930 (7 jours/7 de 8h à 2h – appel anonyme et non surtaxé).

Les choses évoluent, comme je vous le notais plus haut, à leur rythme, parfois trop lent. Expliquer en douceur, comme je l’ai fait pour certaines personnes de mon entourage, notre point de vue, les découvertes faites à ce sujet et combattre les idées reçues, peut-être un bon moyen de pousser encore à cette évolution positive. L’information doit circuler et si je peux (nous pouvons) en être le vecteur via cet article, alors c’est avec grand plaisir.

C’était une parenthèse un peu plus sérieuse, vous l’aurez remarqué, des sujets plus habituels reviendront rapidement sur le blog.

Cependant n’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce sujet, si vous avez vécu la même situation, si vous avez un point de vue différent… L’échange est toujours très intéressant et constructif.

Passez une très belle journée et à vendredi pour un nouvel article !

*Article réalisé en collaboration avec Santé publique France 

2 Comments

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  1. céline
    2 années ago

    Hello!
    Tu fais très bien de publier ce type d’article, c’est un sujet qui ne doit pas être pris à la légère.
    Et combien de fois moi aussi j’ai pu entendre : »alors c’est pour quand le bébé?! » je m’amuse à répondre « bah quand la cigogne me le livrera devant ma porte quoi! » C’est quand même agaçant à force, laissez moi tranquille !!
    Ou alors les regards (et remarques) interrogateurs et insistants quand sous antibiotiques pour une angine ou une infection quelconque, je refuse un verre de vin! Ralala…
    En tout cas, quand mon tour viendra, je serais comme toi, intransigeante avec l’alcool. La santé et la longévité avant tout.

  2. Charlène
    2 années ago

    Bonjour et merci pour cet article.
    Je me retrouve à 100% dans ce que tu écris, je suis en train de terminer mon 4ème mois de grossesse et je suis catégorique concernant l’alcool : c’est niet ! Pourquoi prendre un risque inutile ? 9 mois sans alcool ce n’est quand même pas le bagne ! Ça me parait tellement évident en fait, j’avoue que j’ai du mal à comprendre qu’on ne puisse pas avoir un minimum de volonté à ce sujet ou qu’on puisse penser que l’alcool n’a pas de réel impact sur la santé du bébé … j’ai même refusé au tout début de ma grossesse une salade de fruits dans laquelle un petit bouchon de rhum avait été ajouté pour la parfumer … alors oui je passe pour une psychopathe (mon conjoint aussi car il est du même avis), j’épluche et/ou désinfecte avec du vinaigre blanc tous mes fruits et légumes, j’ai banni la charcuterie et les produits artisanaux en conserve/bocal (je me prépare psychologiquement à vivre mon 1er Noel sans foie gras …), je ne prends aucun médicament sauf cas extrême … en gros je fais très attention à ce que je bois et mange et je me fiche royalement de ce que les autres peuvent penser. J’ai plusieurs amies ou connaissances qui sont également enceintes en ce moment et qui se permettent quelques libertés (champagne, pâté, sushis) parce qu’elles attendent leur deuxième enfant, elles me disent « moi aussi pour le premier je faisais attention c’est normal, tu verras pour le deuxième tu te prendras moins la tête » … heuuuuuu … ou pas ! Tout ça pour dire que la personne qui sait le mieux ce qui est bon pour toi … c’est toi !!! Et peut-être que dans quelques années ce sera toi qui jouera les rabat-joies en donnant des conseils haha ! L’essentiel est que tu vives ta grossesse comme bon te semble et que tu suives ton instinct et tes convictions, c’est ce que je fais et je me sens hyper bien ainsi (et j’espère que mon bébé aussi du coup).
    Toutes mes félicitations en tous cas :)
    Bonne journée,
    Charlène