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Saga de l'été sur "About a Girl" (partie 4)

Dernière partie de ce petit feuilleton estival. L’heure de la révélation est venue ! Vers qui penchera le coeur de Mathilde ? Qui se cache derrière le mystérieux et captivant Ange ? Réponse ci-dessous !

Le jour de leur rencontre arriva si vite que Mathilde en fut surprise. Elle oscillait entre joie et angoisse, l’une prenant le pas sur l’autre jusqu’à ce que la situation se renverse à nouveau. La veille, elle avait dîné avec Raphaël qui s’était étonné de son mutisme. Elle avait hésité à lui avouer la raison de son tracas et s’était retenue. Ils n’avaient jamais abordé leurs histoires de cœur, elle aurait été gênée de lui faire part de ses sentiments pour un inconnu. La soirée fut abrégée, prétextant un mal de tête, elle retourna chez-elle. Elle vit qu’il n’avait pas cru à son mensonge, pourtant, il ne fit aucune réflexion.
Son esprit fut tourmenté toute la nuit. Elle appréhendait le face à face avec Ange. Sa journée fut exécrable, ses pensées à mille lieues de son travail. Quand l’heure arriva, elle paniqua. Trop tard pour reculer. Elle se rendit dans le café, s’installa et commanda un thé. L’attente lui paraissait insupportable. Elle s’occupa en tentant d’imaginer Ange. Comment était-il ? Quelle serait l’intonation de sa voix ? Et son regard ? Ses réflexions s’arrêtèrent net. Raphaël venait d’entrer. Il cherchait visiblement quelqu’un et elle pria pour qu’il ne la vit pas. Elle n’avait aucune envie d’expliquer à son voisin ce qu’elle faisait là.

Elle ne voulait pas qu’il puisse l’observer avec Ange. La situation la mettait mal à l’aise. Elle aurait toutes les difficultés du monde à se laisser séduire si elle craignait sans arrêt qu’il la repère et vienne lui parler. Elle se plaisait à penser que si Ange s’avérait ne pas être celui qu’elle pensait, une relation avec Raphaël finirait par se développer. Heureusement, il ne parut pas la remarquer. Il s’installa à plusieurs tables d’écart, lui tournant le dos. Mathilde cessa de retenir sa respiration. Soulagée, elle regarda sa montre. Ange était légèrement en retard. Elle était tellement impatiente, ne l’était-il pas aussi ?

Son regard allait de sa montre, à la porte, à Raphaël et le manège recommençait. Du coin de l’œil, elle le surveillait. Que faisait-il ici ? Travaillait-il dans le même quartier qu’elle ? Elle le vit commander un capuccino, se saisir d’un journal posé sur une table voisine et le parcourir. Mathilde demanda au serveur une nouvelle consommation. Ange avait maintenant une demi-heure de retard. Elle n’avait aucun moyen de le contacter hormis par son adresse email. Que pouvait-il avoir comme empêchement ? Elle avait été menée en bateau, elle devait regarder les choses en face. Ange l’avait bernée comme une débutante en la faisant tomber amoureuse.

Oui, elle était amoureuse, aussi étrange que cela puisse paraître alors qu’ils ne s’étaient jamais vus. Mathilde décida de lui accorder cinq minutes supplémentaires. Ce délai achevé, elle lui écrirait. Peut-être avait-il une bonne excuse ? Sinon, elle romprait tout contact. Soudain, Raphaël se leva. Se dirigeant vers le bar pour régler son addition, il la remarqua. Elle lui sourit, tout en espérant qu’il ne viendrait pas vers elle. Raté. Arrivé à sa table, Raphaël lui demanda s’il pouvait s’asseoir et lui offrir quelque chose à boire. Mathilde accepta malgré ses premières réticences. Après tout, cela lui changerait les idées.

Raphaël, tout en s’installant, lui expliqua que la femme qu’il attendait, n’était pas venue. Il posa sur la table l’objet qu’il tenait et qu’elle n’avait pas remarqué auparavant. La surprise lui coupa le souffle. Raphaël rit face à l’expression qu’elle affichait lui disant qu’elle n’avait pas à se sentir aussi offusquée que son rendez-vous ait raté. Ces choses-là arrivaient. Mathilde ne pouvait prononcer un mot. Ses mains tremblaient. Il parut s’inquiéter, comprenant que le sujet de son trouble devait être autre. Il l’interrogea, elle ne répondit pas. Lentement, Mathilde ouvrit son sac et commença à en retourner son contenu.

Ses doigts touchèrent leur but. Doucement, tremblant de plus belle, elle sortit le livre de Flaubert. Elle regarda le roman et le posa entre eux. Les yeux de Raphaël passèrent du visage de Mathilde au bouquin. Il resta interdit quelques secondes. EmmaB et Ange675. Mathilde et Raphaël. C’était si évident. Il vint se glisser à côté d’elle. Leurs mains se rencontrèrent, se lièrent. Puis, tendrement, il passa ses doigts dans ses cheveux. Ses lèvres qui l’avaient tant attirée se pressèrent aux siennes. Ce fut intense, passionné. Mathilde se sentit transportée, perdant pied avec la réalité. Une nouvelle page de l’histoire s’écrivait …

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Saga de l'été sur "About a Girl" (partie 1)

Je sais, je sais, la tenue du samedi n’est pas apparue samedi … Toutes mes excuses pour ce manquement à mes devoirs, mais le week-end fût un peu particulier, et la  tenue fût happée par les événements. Bref, revenons à nos moutons du lundi.

Souvenez-vous d’une époque pas si lointaine où la télévision nous servait chaque mois de juillet / août, sa saga estivale. Mais si, l’histoire d’une femme avec un gros secret de famille, et qui, de préférence, vivait dans le sud ?  Et bien, « About a Girl » va aussi vous servir sa saga de l’été.

J’ai créé, il y a quelques temps, un feuilleton estival pour un site féminin (une de mes première commande d’auteur au passage). Publié sur leur site, j’ai choisi de vous le faire partager ici également. 4 parties, pour 4 rendez-vous du lundi. Attention chères lectrices, le feuilleton est très à l’eau de rose (c’est voulu puisqu’on me l’a commandé ainsi). Amies des histoires d’amour, vous êtes les bienvenues dans les aventures de Mathilde !

Edit à 13h00 : je me suis trompée et vous avez publié la version non mise en ligne par le site. Voici l’erreur corrigée ! Bonne lecture (ou relecture !)

( Partie 1 ) La recherche du grand amour n’est pas un long fleuve tranquille.

Enième conversation téléphonique où Mathilde avait fini par abréger pour rapidement raccrocher. La discussion se concluait toujours de la même façon, laissant place à la tristesse et l’incompréhension. Inévitablement, le sujet principal devenait son célibat et obligatoirement venait la question « Mais pourquoi n’es-tu pas en couple ? ». Si seulement elle pouvait répondre à cette énigme ! Elle se l’était souvent posée au cours des dernières semaines. La raison ? Une de ses collègues, pourtant célibataire endurcie, avait flanché et rejoint les rangs des comblés dans la vie à deux. Mathilde, elle, cherchait toujours.

Le prince charmant ? Elle avait passé 40 ans et ne croyait plus à ces rêves de petite fille. Non. Elle désirait rencontrer quelqu’un pour partager ses passions, et les plaisirs que la vie de couple offre. Le plus difficile finalement. Elle avait déjà connu l’amour, mais pas celui qui transporte et fait perdre le sens des réalités. Des hommes, elle en avait rencontré. Certains n’avaient fait qu’un bref passage, d’autres étaient restés plus longtemps, marchant sur un chemin qui semblait tout tracé. Puis était venu le croisement, ils s’étaient écartés, lentement, suivant une autre route, seuls ou non. Rien d’éternel ou de merveilleux.

Mathilde avait ainsi traversé les années laissant derrière elle les envies de mariage et de vie commune que tout son entourage assouvissait. Ses amies s’étaient mariées, étaient tombées enceintes. Leurs enfants, elle les avait tous connus bébés, elle les voyait maintenant devenir adolescents. Certaines avaient divorcé mais leur statut de célibataire s’était vite effacé. On souhaitait qu’elle goûte au même bonheur. Ses proches lui présentaient des connaissances qui pouvaient lui plaire. Rien n’avait abouti. Elle était souvent la seule célibataire présente à un dîner entre amis. Leurs problèmes n’étaient pas les siens.

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Mathilde n’avait jamais pu se résoudre à l’inactivité ou à la déprime. Sa grande liberté sentimentale l’avait poussée à se concentrer sur sa carrière. Son métier de publiciste la comblait et elle ne limitait pas les heures supplémentaires qu’elle passait chaque soir à son bureau. Son temps libre, était partagé entre ses passions pour l’art et les lettres. Amoureuse des mots, elle aimait découvrir de nouveaux auteurs et combler son appétit en dévalisant régulièrement la librairie de son quartier. Le week-end, elle flânait dans les musées, dénichait de nouvelles expos et se hâtait de les visiter.

Son moral avait pourtant commencé à baisser. Sa collègue fraîchement fiancée lui avait soumis une idée intéressante qu’elle jugea stupide au premier abord. Celle-ci lui conseillait de s’inscrire sur un site de rencontres. Mathilde n’avait eu que des échos négatifs des personnes qui avaient testé la drague virtuelle. Comment faire confiance à l’autre quand lui aussi se cache derrière un écran ? Comment être sûre de ses paroles et de sa photo ? De plus, elle avait beau se servir de sa boîte mail toute la journée, elle n’était pas pour autant à l’aise avec Internet dont elle décelait plus le potentiel dangereux que le réel bénéfice.

Lorsque sa collègue lui avait expliqué l’inscription et le mode de discussion dans un jargon d’internaute, elle avait été rapidement dépassée et s’était contentée d’acquiescer ne voulant pas montrer ses lacunes. Elle restait persuadée que ces sites étaient plus adaptés aux 25 – 30 ans qu’à elle. L’idée finit pourtant par occuper entièrement son esprit. Elle y songeait sans arrêt imaginant une histoire virtuelle qui se transformerait en passion réelle. Elle tergiversa quelques jours encore, jusqu’au soir où, prise d’un excès de solitude, elle se connecta au site. L’inscription fut plus évidente qu’elle ne l’avait envisagée.

Elle hésita longuement quand au choix de son pseudonyme. Elle ne voulait pas quelque chose d’osé à l’instar des femmes déjà enregistrées, plutôt quelque chose de sobre qui lui ressemblait. La réponse s’imposa à elle tandis qu’elle laissait son regard vagabonder sur sa bibliothèque. Elle serait « EmmaB », elle l’emprunterait à Flaubert et à cette histoire qu’elle avait tant aimée. Elle répondit à une longue série de questions cherchant déceler ses goûts et attentes, consciencieusement. La sonnette retentit. Elle sursauta. Qui pouvait venir à une heure aussi avancée ? Elle se hâta de rabattre l’écran de son portable et alla ouvrir.

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